C'était Bebert les gros mollets

 

C'était Bébert « Les gros mollets »

 

Avec la disparition d'Albert Dolhats, c'est un véritable personnage de la légende cycliste, qui s'en est allé.

Albert possédait la nature calme et sereine des hommes de la terre. Il était « le Père Tranquille du cyclisme ». Au départ de chaque nouvelle saison il pensait « bon je vais faire une petite saison supplémentaire avant de raccrocher. Il n'avait jamais envisagé un plan de carrière ni la moindre diététique.

Lui qui avait toujours pensé faire une courte carrière a tout de même été coureur cycliste pendant plus de vingt ans.

Né le 18 février 1921 à Villefranque, ses parents s'installent quelques temps plus tard à Tarnos. Albert signe sa première licence en 1938 au V.C. Tarnos et sa dernière à l'U.S. Dax en 1959 il fut professionnel de 1944 à 1959.

Coursier à la puissance exceptionnelle (1,75m x 78 kgs) entretenue par les durs travaux à la ferme familiale. Il devenait quasi imbattable au sprint lorsqu'il le lançait de loin, dans ces cas là même les vrais sprinters à la vélocité légendaire avaient toules les peines du monde pour venir le sauter. Paris Tours 1957 en reste une preuve frappante, Bébert restait le seul rescapé d'une échappée à trois, reprise au kilomètre. Tentant le tout pour le tout il plaçait son sprint dès la jonction, prenant grâce à sa puissance plusieurs longueurs d'avance. Pour boucher le trou créé, il fallait un super, ce fut Louison Bobet, qui avec son orgueil d'homme et de champion, combla dans un premier temps, puis passa Albert à cinquante mètre de la ligne le privant de ce qui aurait été, la plus belle victoire de sa carrière dans la course type pour lui. Pour la petite histoire Bobet sera crucifié sur la ligne par le rapide Fred Debruyne, Albert se classant quand même 4ème.

Convivial au possible dans la vie de tous les jours, il se comportait tel un lion affamé en course. Il possédait toutes les qualités pour faire un grand coureur de classiques, lui, hélas ne l'avait jamais envisagé. Garçon modeste à la grande droiture, il a toujours été un homme heureux de son sort. Estimé de tous, ce qui au fond restait pour lui la plus belle de ses victoires. Du temps où il courait il avait été affublé de plusieurs surnoms par ses condisciples pédalants « Le Gros Bébert » « Bébert les gros mollets » « Le Père Tranquille du cyclisme » « Le Patriarche de Tarnos ».

Albert était père de trois enfants, une fille et deux garçons, Guy Professionnel chez Peugeot et Jobo de 1974 à 1976, Christian un des tous meilleurs hors catégorie des années 70. Son principal regret ne pas avoir su ou pu concrétiser une étape du Tour de France par une victoire. A sa retraite cycliste lui qui n'avait jamais cessé le travail à la ferme entre deux courses, se retroussa les manches de plus belle pour le développement du patrimoine familial.

Les paysages de France et d'ailleurs, rencontrés au hasard de ses pérégrinations cyclistes ont toujours ramené Albert à sa région natale, où l'espace et le temps lui inspirèrent de superbes méditations sur le temps d'une vie.

Depuis le 25 novembre il existe un grand vide dans la belle demeure pur basque « Maïtena ».

Durant sa longue carrière cycliste Albert s'imposa dans le Grand Prix des Nations « chrono » amateur 1942, le circuit de la Chalosse 1946, 1948, 1950, 1952, 2ème en 1953, le circuit du Marensin 1947, Bordeaux-Saintes 1948, Bordeaux-Cognac 1949, la 2ème étape du Grand Prix de la Tomate 1949 de la 3ème en 1950, des 1ère, 5ème et 6ème étapes du circuit des Six Provinces 1949, de la 10ème étape du Tour du Maroc, 1949, de la 6ème étape du Tour d'Algérie 1952, du Circuit du Morbihan (300 km) 1952, de la 4ème étape de Paris-Côte d'Azur 1952, le Grand Prix Catox à Marseille 1953, la 1ère étape du Tour de l'Ouest 1954, la 3ème étape du Tour du Sud Est 1954 de Bordeaux-Royan 1957, de la 2ème étape du Tour de l'Oise 1957, du Tour de la Corrèze 1958, il décrocha des places d'honneur dans les plus grandes classiques : 7ème de Paris Tours 50, 14ème en 53, 5ème en 1956, 4ème en 1957, 7ème du Championnat de France sur route 51, 4ème en 56, 8ème en 57, 12ème en 58, 9ème de Bordeaux-Paris 52, 12ème de Paris-Roubaix 52, 7ème de Paris-Bruxelles 54, 2ème de Bordeaux Périgueux 58, 3ème de Bordeaux-Saintes 59. Il prit le départ de Trois Tour de France 1949 (43ème) 1952 (abandon 6ème étape) et 1956 (78ème).

 

Anecdote : Tour d'Algérie 1952, 6ème étape Sidi Bel Abbès-Mostaganen 170 kms. Julien Vasquez très bon coursier de ces années là dispute ce tour dans l'équipe France-Sport. Se rend au départ accompagné de son directeur sportif azuréen le père Bernardoni. En bas des escaliers, ils trouvent Bébert Dolhats assis sur les dernières marches. Il est en train de ranger les restes de son déjeuner, gourde de vin, boudin, saucisson et jambon de la ferme familiale. Voyant cela Mr Bernardoni, dit à J. Vasquez « té tu vois celui là il ne faudra pas le chercher à l'arrivée ce soir. »

Suite à une journée d'enfer, chaleur torride avec vent debout à décorner les boeufs, J. Vasquez qui a explosé en cours de route termine à 20 minutes des premiers. En allant aux camions qui ramènent les coureurs aux hôtels, Julien aperçoit Bébert avec des fleurs, surpris il lui demande « mais où as-tu eu ces fleurs toi ? » Et Bébert de sa voie douce et tranquille accompagné de son air débonnaire, lui répond « ici quand tu gagnes une étape on te donne des fleurs !! 

Gérard DESCOUBES

 

 

 

                                               A. Dolhats et A. Dupré en 1955

 

                            Crédit Photos Gérard Descoubes

 

Commentaires (5)

1. gege 01/12/2009

titi ça fait plaisir d avoirde tes nvls.tu as bien faitde revenir dans le milieu du velo qui pour moi reste le plus beau de tous.au plaisir de te revoir gege
et toi vieillecanaille de tintin je vois que tu t interesses tj.un peuau velO
amities atoi gege
a l anonyme qui se cache sous MARCOTTE
merci pour la pommade j espere que c est unesupportrice qu elle me donne son adresse j irai chez elle lui parler des anciens.je plaisante car si je prends le site pour un(seche chope)je vais me faire interdire de (six jours) merci atous gege

2. regis albugues 29/11/2009

merci pour cet hommage et ces anecdotes plus instructives qu'il n'y parait.
regis a.

3. marcotte 28/11/2009

chapeau, cet hommage, c'est un cador ce descoubes. Il vous prend les tripes. quand on lit les conneries des soi-disants journalistes, jai envie de leur dire. messieurs, prenez de la graine . ce n'est pas un faire valoir, mais un cador pour nous les amoureux du vélo. avec des types de cette trempe, le vélo serait encore roi. messieur les journalistes vous avez du boulot a faire si vous voulez arriver a la hauteur des socquettes.Allez, mettez vous au travail pour éviter d'écrire des sotises.... la culture cycliste c'est DESCOUBES qui la possède. Chapeau MONSIEUR.

4. tiffon cyril 27/11/2009

salut gege

c'est titi je suis de retour apres de longue annee d'absence
je vois que tu as toujours des tas d'histoire a raconter;
continue cest n regal de te lire;
aplus
titi
ps :salut a toi tintin

5. 27/11/2009

salut mon gégé
C'est toujours un plaisir de lire tes biographies.
Merci encore.
@+ tintin

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